Les beaux jours reviennent… et avec eux l’allergie aux pollens. Selon les bulletins publiés par La Chaîne Météo, la qualité de l’air liée aux pollens est déjà mauvaise dans plusieurs régions, notamment en raison de la présence de pollens de cyprès et de frêne et de bouleau. Le froid a mis un coup de frein à la production de pollens par les arbres mais n’empêchera pas le retour du printemps qui peut vite devenir un cauchemar pour les allergiques.
Pour les personnes souffrant de pollinose, l’allergie aux pollens, cette période marque souvent le début d’une longue saison de symptômes. Heureusement, quelques mesures simples et des traitements efficaces permettent de limiter l’impact de cette allergie très fréquente.
Une saison pollinique précoce et foudroyante
On associe souvent l’allergie aux pollens au printemps, mais certaines espèces d’arbres libèrent leurs pollens bien plus tôt. Les cyprès, par exemple, peuvent commencer à polliniser dès la fin de l’hiver dans certaines régions. En avril le bouleau explose. Les conditions météorologiques jouent aussi un rôle clé. Le vent et la douceur favorisent la dispersion des grains de pollen, alors que la pluie tend à les faire retomber au sol, et le froid ? juste un puissant retardateur.
Aujourd’hui, les allergies respiratoires touchent environ 30 % des adultes et près de 20 % des enfants, selon les données de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale. Pour suivre l’évolution des pollens dans l’air, la surveillance en France est désormais assurée par les réseaux de qualité de l’air regroupés au sein de Atmo France, qui ont progressivement repris la mission autrefois portée par le Réseau National de Surveillance Aérobiologique.
Reconnaître les symptômes de l’allergie aux pollens du rhume de fin d’hiver
L’allergie aux pollens se manifeste le plus souvent par une rhinite allergique saisonnière, parfois appelée « rhume des foins ». Et pour cause, elle a toute les apparences d’un gros rhume de fin d’hiver.
Les symptômes les plus fréquents sont :
- nez qui coule ou nez bouché
- éternuements répétés
- démangeaisons du nez ou du palais
- yeux rouges et larmoyants
- fatigue ou troubles du sommeil à cause de la difficulté à respirer par la bouche
Chez certaines personnes, ces symptômes peuvent aussi aggraver un asthme existant. La différence avec un rhume provoqué par un virus ? Il n’y a pas de fièvre et le nez coule clair. Et finalement ça dure, ça dure… Comble de ces symptômes, le nombre de mots différents employés pour qualifier une même allergie : pollinose, rhinite, rhume des foins… comme si les médecins n’étaient pas d’accord avec le diagnostic. C’est à dire que eux nomment des maladies, tandis que le patient nomme la cause.
Chez les personnes allergiques, le système immunitaire identifie à tort certaines protéines du pollen comme une menace. L’organisme produit alors des anticorps IgE spécifiques, qui déclenchent la libération de médiateurs inflammatoires comme l’histamine. Cette réaction entraîne l’inflammation des muqueuses du nez et des yeux, soulignant une allergie aux pollens quand la saison des pollens démarre, c’eest à dire au printemps pour les pollens d’arbres, et en été pour les pollens de graminées, avec des décalages temporels en fonction de l’altitude.
Les bon réflexes pour limiter son contact avec les pollens
Même s’il est impossible d’éviter totalement les pollens, certains gestes permettent de réduire l’exposition :
- aérer le logement tôt le matin ou tard le soir
- éviter de jardiner ou tondre la pelouse lors des pics polliniques
- se rincer les cheveux le soir, car ils retiennent les pollens
- changer de vêtements dans le hall d’entrée en rentrant chez soi
- garder les vitres de la voiture fermées pendant les périodes de forte pollinisation
Consulter les bulletins polliniques Atmo permet aussi d’anticiper les périodes les plus à risque. Encore faut-il connaitre à quel pollen on est allergique.
Soigner son allergie aux pollens
Pour se soigner d’une allergie aux pollens, deux stratégies complémentaires sont d’abord nécessaires. D’abord se soigner avec des antihistaminiques (et cela fait des siècles qu’ils ne font plus dormir) pour récupérer un peu de confort de vie et stabiliser la crise, puis s’attaquer aux symptômes sur les lieux même des tracas : dans le nez du spray nasal et dans les yeux du collyre. L’effet est apaisant et stoppe net le processus inflammatoire en local… pour quelques heures. C’est pourquoi il faut recommencer spray et collyre deux à trois fois par jour.
Allergique.org a d’ailleurs mis le nez dans une publication qui compare ces deux stratégies.
Pour les personnes très gênées chaque année par les mêmes pollens, une autre option peut être proposée par un allergologue : l’immunothérapie allergénique, la nouvelle façon de dire désensibilisation. Avec ce traitement on se soigne au long court et on a l’impression d’être guéri au bout de 3 ans et libre des symptômes de ce fichu rhume des foins au bout de 5 ans.
L’allergie aux pollens est fréquente et son impact sous-estimé
Elle s’en va et elle revient l’allergie au pollens, si bien qu’on la considère souvent comme un simple désagrément saisonnier. Sauf que ce désagrément a un impact sur la vie quotidienne : lors du passage des examens, sur ses performances au travail, sur les nuits sans dormir, sur les piqueniques en campagne qui virent au cauchemar… mais qui a dit que l’allergie aux pollens « c’était rien » ? Et puis outre la personne allergique aux pollens, il y a son entourage. Et entendre un enfant allergique renifler 48 fois en 30 minutes dans une salle de classe ça porte sur les nerfs. Le moment du repas ou le gamin éternue 12 fois par minute dans son assiette face à ses parents harassés par leur journée aussi.
Pour la paix de tous ces petits mondes, reconnaître une allergie aux pollens et s’engager à la soigner, c’est en finir avec les printemps cauchemardesques.
Illustration by Freepik – sources : La Chaîne Météo — Bulletin pollens et allergies ; Institut national de la santé et de la recherche médicale : dossier Allergies ; Atmo France, surveillance de la qualité de l’air et des pollens.