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Allergie aux méduses ou aux anémones de mer, ça existe ?

Journaliste et écrivain culinaire, je suis spécialisée en alimentation et santé avec un goût de forcenée pour la joie, quoiqu'il en soit. L'allergie est une longue histoire dans ma vie, une planète sur laquelle j'écris, sur laquelle je vis, depuis 14 ans maintenant.
Allergie aux méduses ou aux anémones de mer, ça existe ? Publié le 6 juillet 2019Laissez un commentaire
Journaliste et écrivain culinaire, je suis spécialisée en alimentation et santé avec un goût de forcenée pour la joie, quoiqu'il en soit. L'allergie est une longue histoire dans ma vie, une planète sur laquelle j'écris, sur laquelle je vis, depuis 14 ans maintenant.

On connait bien l’effet urticant des anémones de mer et si on n’est pas un poisson clown comme Némo, il vaut mieux ne pas les tripoter : il en est de même pour les méduses. car l’allergie aux méduses et aux anémones de mer existe. Savez-vous que le Dr Charles Richet a découvert l’anaphylaxie au début du 20° siècle, le choc allergique sévère, en étudiant la réaction des chiens au contact des anémones de mer ? Je vous raconte tout ça…

Une anémone de mer c’est quoi ?

Les anémones de mer se trouvent avant tout dans… la mer et principalement dans les zones rocheuses. Elles ressemblent à une fleur et attirent souvent les plongeurs ou les baigneurs par leur esthétique. Malheureusement, il est préférable de ne pas les toucher car leurs tentacules provoquent des réactions urticantes chez l’homme. On les appelle d’ailleurs souvent ortie de mer.

Une méduse c’est quoi ?

La méduse est un animal marin gélatineux en forme de cloche. Elle possède des filaments plus ou moins longs en dessous et particulièrement urticants. Elle s’en sert pour paralyser ses proies. Portée par les courants elle aime la lumière et échoue souvent sur les côtes ou se retrouve captive des enrochements. Vous l’avez compris, les baigneurs comme les plongeurs y sont régulièrement confrontés. Sur certaines plages, on trouve des panneaux de mise en garde contre la présence de méduses ( beware jellyfish). Et l’allergie aux méduses est possible.

Une corrélation qui interroge

En 1903, le Dr Richet observe un chien qui pateauge pour la première fois en bord de mer, au milieu des anémones de mer. Tout va bien, il n’avait pas de symptômes particulier. Mais quand le chien retourna gambader une seconde fois quelques jours plus tard, il est pris d’un malaise généralisé avec abaissement de la tension artérielle, vomissements et finalement mouru. Charles Richet est un physiologiste réputé et il est invité sur le Prince Alice II, le yacht laboratoire du Prince de Monaco, grand mécène de la science de l’époque, pour une recherche scientifique concernant les méduses. Un certain Paul Portier y mène également des observations depuis plusieurs années, notamment concernant les méduses.

Les deux savants s’intéressent à cet étrangeté et mène plusieurs expériences avec plusieurs chiens dont certains n’en réchapperont pas. Le chercheur sacrifiera 19 chiens pour étayer sa découverte. Ils découvrent ainsi l’anaphylaxie (la description de la réaction IgE médiée sera faite par Ishizaka en 1960). Les résultats sont publiés en 1911 par Charles Richet. Il recevra un prix Nobel pour cette découverte, qui ne sera pas partagée avec Portier bien que ce dernier ait largement contribué à cette découverte. Les deux savants auront néanmoins leurs effigies rassemblées sur le même timbre postal, en hommage à leur découverte commune (non, ils ne sont pas pour autant “timbrés” hein).

Anémones de mer et méduses

Durant la période estivale, propice aux baignades, il faut prendre garde à ne pas se faire “pîquer” par ces deux familles de la faune sous-marine. Bien sûr, il s’agit le plus souvent d’envenimation, qui, si elles laissent des vilaines cicatrices, n’iront pas plus loin sous nos latitudes. Dans de rares cas, des réactions immuno- allergiques médiées par des IgE spécifiques compliquent ces envenimations. Des lésions récurrentes peuvent apparaître plus tard, même en l’absence de nouvelle envenimation. On constate des réactions retardées quelques jours après le contact, elles persistent plusieurs mois, et des réactions à distance ont également été rapportées.

Les cuboméduses (guêpes de mer) sont des petites méduses transparentes de quelques centimètres de diamètre. Elles nagent en surface, attirées par la lumière. Elles sont responsables d’anaphylaxie.

Quelles précautions contre l’allergie aux méduses ou aux anémones ?

Comme dans toutes les allergies, il s’agit d’abord de prévenir le risque de contact, et donc d’éviter les bestioles, puis d’agir en cas de contact, c’est à dire avoir une trousse d’urgence avec soi. Bien sûr avec des stylos autoinjecteurs d’adrénaline rangés au frais. Lisez l’excellent article du Dr Quequet concernant l’adrénaline et canicule.


Sources :

L’anaphylaxie par le Pr Charles Richet

La découverte de l’anaphylaxie, brève mais triomphale rencontre de deux physiologistes, Gabriel Richet

Accidents cutanés provoqués par la faune sous marine


Illustration d’après bearfotos sur Freepik

Journaliste et écrivain culinaire, je suis spécialisée en alimentation et santé avec un goût de forcenée pour la joie, quoiqu'il en soit. L'allergie est une longue histoire dans ma vie, une planète sur laquelle j'écris, sur laquelle je vis, depuis 14 ans maintenant.

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