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Un comprimé pour prévenir l’anaphylaxie

Journaliste et écrivain culinaire, je suis spécialisée en alimentation et santé avec un goût de forcenée pour la joie, quoiqu'il en soit. L'allergie est une longue histoire dans ma vie, une planète sur laquelle j'écris, sur laquelle je vis, depuis 14 ans maintenant.
Un comprimé pour prévenir l’anaphylaxie Posted on 2 novembre 2020Leave a comment
Journaliste et écrivain culinaire, je suis spécialisée en alimentation et santé avec un goût de forcenée pour la joie, quoiqu'il en soit. L'allergie est une longue histoire dans ma vie, une planète sur laquelle j'écris, sur laquelle je vis, depuis 14 ans maintenant.

C’est une découverte un peu fortuite que cette équipe de chercheurs américains a mis au jour. C’est la première fois que des scientifiques découvrent une méthode capable de prévenir l’anaphylaxie autre que l’évitement de l’allergène. C’était il y a six mois en tentant “d’humaniser” des souris.

Un médicament bouclier

Selon une étude présentéz le 2 juin dans le Journal of Clinical Investigation, des chercheurs américains ont découvert comment prévenir l’anaphylaxie, ce choc allergique sévère qui est trop souvent mortel. L’anaphylaxie est l’épée de Damoclès des allergiques alimentaires, des allergiques aux piqûres d’abeilles ou de guêpes, des allergiques à la pénicilline ou aux anti-inflammatoires, des allergiques au latex… la liste est longue. Imaginez un médicament qui ferait bouclier !

Lors de cette étude, les chercheurs ont utilisé un inhibiteur de BTK (la tyrosine kinase de Bruton est une enzyme présente à l’intérieur de nos cellules humaines immunitaires et donc de nos mastocytes. Les mastocytes lors d’une réaction d’allergie s’ouvrent et libérent de l’histamine en quantité quand ils sont actionnés par les anticorps IgE mais surtout ils fabriquent de nombreuses molécules qui seront responsables du choc et de l’inflammation allergique. S’ensuit une inflammation prodigieuse dans notre organisme qu’il ne peut pas gérer : c’est l’anaphylaxie.

La fin de l’éviction des allergènes

Jusqu’à présent il fallait éviter l’allergène. c’est lui qui n’étant pas reconnu par l’organisme, lui fait produire des grandes quantités d’anticorps pour se défendre. Alerte kiwi ! les IgE arrivent en masse contre ces pov’ protéines de kiwi et vlan ouvrent tous les mastocytes. Un tsunami d’histamine & co plus loin, la personne allergique a les muqueuses gonflées, une chute de tension et le coeur qui dysfonctionne. Le choc anaphylactique dans toute sa terreur. Les chercheurs américains ont injecté de l’inhibiteur de BTK dans l’organisme de souris et bonheur, le bouclier des cellules tient bon : les mastocytes restent bien fermés même avec une légion d’IgE qui l’assiège. Donc même en présence d’allergène, l’organisme ne s’aventure pas vers un choc allergique sévère.

C’est quoi des souris “humanisées” ?

La limite de cette étude se trouve là. Pour mener leurs expériences les chercheurs ont besoin de souris. Elles vont être préparées pour avoir un métabolisme le plus proche possible de l’être humain. Jusqu’à présent, on agissait sur la moelle épinière des souris. Ici les scientifiques ont mis au point une nouvelle méthode, moins compliquée. Et c’est sur ces souris qu’ils ont imaginé une expérience qui agit sur le système immunitaire devenu proche de celui des humains, par exemple un choc anaphylactique, pour démontrer que leur méthode d’humanisation fonctionne.

Il y a donc deux éléments de nouveauté dans cette étude, un concerne l’objet de l’expérimentation, l’autre la substance qui lui est administrée. Il faudra d’autres études pour affiner ces résultats.

Un objectif futur est de donner ce médicament à des sujets allergiques à la nourriture ou aux médicaments, de montrer par des tests cutanés que leur sensibilité allergique a été bloquée par l’effet du médicament et de leur donner ensuite la nourriture ou le médicament, en s’attendant à ce qu’ils aient peu ou pas de réaction”

Bruce Bochner, Pr à la faculté de médecine Feinberg de l’université Northwestern (USA) auteur de l’étude.

Un sytème immunitaire en capilotade

Il y a d’autres inconvénients à l’utilisation de l’inhibiteur de BTK déjà utilisé en cancérologie : infections plus fréquentes, plus graves mais également, parfois, l’organisme de certains patients s’habitue, apprend, trouve une parade, et l’effet attendu du bouclier ne fonctionne plus. Foin de tout ces effets secondaires possibles : les nouvelles versions en ont moins et c’est tout de même plein de promesse en cas d’anaphylaxies à répétition. Pour les allergiques aux médicaments, on pourrait le temps d’une intervention chirurgicale par exemple, administrer des médicaments indispensables auxquels le patient est allergique tout en le protégeant d’une anaphylaxie. Elle est pas belle la (peut-être future) vie ?

Source : The journal of Clinical Investigation

Illustration : Standret by Freepik

Journaliste et écrivain culinaire, je suis spécialisée en alimentation et santé avec un goût de forcenée pour la joie, quoiqu'il en soit. L'allergie est une longue histoire dans ma vie, une planète sur laquelle j'écris, sur laquelle je vis, depuis 14 ans maintenant.

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