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Contraception définitive Essure® : l’étain mis en cause

Allergologue,insatiable curieuse et passionnée, j'écris sur l'allergie classique et insolite. J'aime livrer des infos accessibles pour tous et soulager le quotidien des allergiques. "1001 allergies et intolérances" éditions l'Opportun
Contraception définitive Essure® : l’étain mis en cause Posted on 29 janvier 20218 Comments
Allergologue,insatiable curieuse et passionnée, j'écris sur l'allergie classique et insolite. J'aime livrer des infos accessibles pour tous et soulager le quotidien des allergiques. "1001 allergies et intolérances" éditions l'Opportun

On pourrait croire que le retrait du marché du système de contraception définitive Essure®, en 2017 a clos le débat. Il n’en est rien devant le recensement de tant de cas de victimes de cette méthode de stérilisation. S’en suivent des dépôts de plaintes. Les complications, loin d’être anodines, impliquent pour plusieurs l’explantation. L’histoire ne fait que commencer. Il est impératif de comprendre les mécanismes de tous ces effets secondaires. Ceux-ci semblent très vraisemblablement liés à la présence d’étain et non à un phénomène allergique.

Temps de lecture: moins de 2 minutes

Des témoignages poignants

Récemment sur radio canut , trois histoires différentes de porteuses d’Essure ont un point commun , leur calvaire physique suite à l’implantation du système Essure . Les mots sont forts et raisonnent immanquablement dans nos têtes. L’une des participantes est l’actuelle présidente de l’association R.E.S.I.S.T. Elles ont toutes trois mis leur vie entre parenthèses par obligation. Leur corps les lâchait. Il fallait absolument trouver une explication et une solution.

C’est sans compter sur le récit du combat de Marielle Klein dans un livre paru en 2019. Elle rentre en résistance, grâce à sa pugnacité en créant une association en 2016. Il va sans dire que sa première victoire est d’obtenir le retrait de la commercialisation des implants en 2017. Cataloguée dans un premier temps en “burn out”, elle a eu la force de mettre elle -même des mots sur son mal -être. La chronologie des symptômes se retrouve conditionnée sans aucun doute par la pose des implants Essure®. Elle découvre via le net , les effets indésirables liés à cette technique et dénoncés aux États-unis sur le groupe Facebook Essure Problems.

De l’allergie au nickel a l’intoxication à l’étain

Dans un premier temps, c’est l’hypothèse d’une l’allergie au nickel qui prime comme cause d’effets indésirables liés à l’implantation du système de contraception définitive. Cependant, grâce à des actions individuelles comme celle de Françoise Vanmuysen , la suspicion de la participation des soudure à l’étain du dispositif prend forme. Un article, présenté lors d’une réunion sur la problématique Essure®, le 1eroctobre 2020, sert également de base pour éliminer la participation du Nickel dans les évènements post -implantation.

La dernière réunion de travail du 22 décembre 2020 réunit les différents équipes de médecins dont le docteur Vincent, chercheurs et associations de victimes. Le résultat d’une étude effectuée sur 18 femmes, ayant subit une intervention pour retrait chirurgical, est sans appel. Les biopsies et études anatomo- pathologiques et minéralogiques montrent la présence de particules d’étain intégrées aux tissus.

Parallèlement sur le plan juridique, plusieurs femmes déposent plaintes soit contre X ou contre l’état . Ces nouvelles données cliniques divulguées lors de la réunion sont une avancée certaine dans la compréhension du phénomène. Comme le signale Émilie Gillier, présidente de l’association R.E.S.I.S.T “la majorité des femmes qui découvrent leur problématique, veulent être explantées. Très peu d’entre elles, souhaitent garder leurs implants, quel que soit l’importance des effets indésirables”. En ce qui concerne l’association , il existe une action de groupe auprès du tribunal de grande instance de la ville de Paris spécifiquement dirigée contre le laboratoire. 

Protocole d’explantation Essure®

En Septembre 2020 l’association R.E.S.I.S.T. adresse un courrier au conseil national des médecins(CNOM) dans le but de l’informer sur le protocole d’explantation et la liste des effets indésirables répertoriés.” Nous attendons aussi la sortie du bulletin du CNOM, dans lequel plusieurs pages doivent être consacrées à des explications sur la problématique Essure®” stipule la présidente. En outre, les mêmes informations sont diffusées auprès des maisons des autonomies( MDPH).

Émilie Gillier ajoute être dans l’attente des dates de réunion avec le Conseil National des Gynécologues Obstétriciens Français (CNGOF). Une mise au point sur la situation, la révision du protocole d’explantation et l’élaboration d’ un registre des explantées sont au programme. De plus, il est aussi interessant de mettre au point des études de recherches cliniques supplémentaires.

D’autre part, une concertation avec la CNAM et le CNGOF est à prévoir dans l’optique de créer des cotations spécifiques à l’acte d’explantation.

“Nous espérons que l’information de la problématique Essure® va permettre d’alerter encore plus de femmes concernées. De surcroit, nous prévoyons un impact bénéfique sur l’errance médicale des victimes toujours constatée avant et après l’explantation. Il est aussi important que tous les chirurgiens suivent à la lettre le protocole et programment la radio ASP en première intention avant d’aller à l’explantation (ce qui n’est pas encore le cas)” précise la présidente de l’association .

Il ne s’agit pas d’un problème résolu. Cela constitue une affaire à rebondissements qu’il faut suivre avec intérêt. Ce que nous ne manquerons pas de faire.

Allergologue,insatiable curieuse et passionnée, j'écris sur l'allergie classique et insolite. J'aime livrer des infos accessibles pour tous et soulager le quotidien des allergiques. "1001 allergies et intolérances" éditions l'Opportun

8 comments

  1. Bonjour je suis actuellement en arrêt maladie, suite à une grande fatigue et multiples symptômes. Mon médecin s’oriente vers une allergie à mes essures posés en 2013. Avez vous des conseils et une liste de médecins connaissant le protocole explantation.

    1. Bonjour .
      Je vous encourage vivement à vous mettre en contact avec l’association RESIST dont voici le lien , vous trouverez d’une part tous les effets secondaires décrits inhérents à la pose d’essure mais aussi un soutient et une aide précieuse. https://www.resist-france.org/essure/effets-indésirables/. Comme vous avez pu le lire dans l’article , si au départ on pensait pendant plusieurs années à une allergies aux métaux composants cette méthode contraceptive définitive; il est désormais acquis que ce serait plutôt une intoxication à l’étain .

  2. J’ai l’impression de l’avoir échappé belle, à l’époque, ne supportant pas mon stérilet au cuivre, et ne souhaitant plus d’enfants, ma gynécologue m’avait proposé une stérilisation avec Essure “, me la présentant comme nouvelle, sans risque, efficace. Finalement, sur les conseils d’une sage-femme, un changement de stérilet a réglé mon problème de règles hémorragiques et je n’ai plus envisagé une solution plus radicale. Bien m’en a pris… Bon courage à toutes celles qui souffrent désormais.

  3. Bonjour, je suis porteuse de ces implants depuis 2013 , j’ai aujourd’hui 55 ans et j’ai découvert dernièrement avec sidération ce scandale sanitaire. Ces dernières années ont été très difficiles, j’ai subi un mal être général psychiques et physiques.
    Mon médecin ne connaissait pas le problème des Essures, mais m’a prescrit les examens recommandés ( radios ASP, tests et échographie) . J’ai effectué la radio et un seul Essure est visible, à savoir qu’en 2019 le chirurgien obstétricien qui me les avait posés, a coupé partiellement un implant qui avait migré et qui a disparu . Je dois effectuer un scanner pour le retrouver pour envisager de le retirer ainsi que celui resté en place. Je suis inquiète des conséquences sur ma santé, d’une parce qu’il a été coupé et de deux qu’on ne sache pas où il se trouve ? Merci

    Très cordialement.

  4. Bonjour,
    Tout d’abord merci pour votre article, nous ne sommes pas complètement oubliées…
    Pour ma part sur les conseils de ma gynécologue qui m’a présenté le dispositif Essure comme bien moins archaïque et moins invasif qu’une ligature de trompes classique, j’ai été implantée en mars 2016. Mon état s’est très rapidement dégradé. Des douleurs articulaires et musculaires, une fatigue écrasante, un arrêt des règles, des migraines a répétition, une perte de poids -20kg (40 kg pour 1m70), des fractures de dents couronnées céramo-métalliques (nécessité de remplacement par des implants dentaires full zircone très onéreux), une diminution de la vision, difficultés à me concentrer et mémoriser… petit à petit le corps qui lache et la tête qui suit le même chemin. La solution apportée par le corps médical est la prescription d’antidépresseurs et un suivi psychiatrique!!! Merci l’association R.E.S.I.S.T pour m’avoir apporté conseils et soutien pour identifier ce qu’il m’arrivait et m’avoir accompagné vers une explantation en toute sécurité en 2018. Après deux ans d’arrêt de travail, je n’ai pas les mêmes capacités, j’ai du réduire mon temps de travail et donc mon salaire pour accorder à mon corps et à ma tête le temps de récupération nécessaire car il est encore difficile presque 3 ans après l’explantation d’avoir une vie à peu près “normale”… une vie en dents de scie avec des périodes où la vie reprend et d’autres périodes où
    reviennent de gros coups de fatigue, des douleurs articulaires et musculaires, des difficultés de concentration et de mémorisation, une ménopause précoce (45 ans)… et toujours la même réponse du corps médical : antidépresseur… (car clairement ça ressemble à des symptômes de bi-polarité…).
    Pensez-vous qu’un jour, le plus tôt possible, les dégâts, les douleurs causés par ce dispositif seront réellement pris en charge?
    Pensez-vous que nous, victimes d’un dispositif soit disant moins invasif, serons prises au sérieux et aidées, accompagnées, soignées voire même indemnisées (même pour celle qui n’ont pas les moyens et pas les assurances juridiques qu’il faut pour porter plainte, participer à l’action de groupe en justice)?
    Les médecins (généralistes autant que spécialistes) pourraient-ils eux aussi être davantage informés sur cette problématique et les solutions à envisager afin de ne pas nous détruire encore davantage?
    J’ose espérer que ce calvaire prendra fin… que des solutions et des soins appropriés et efficaces nous seront proposés.

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