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Eczéma, trouver chaussures à son pied

Allergologue,insatiable curieuse et passionnée, j'écris sur l'allergie classique et insolite. J'aime livrer des infos accessibles pour tous et soulager le quotidien des allergiques. "1001 allergies et intolérances" éditions l'Opportun
Eczéma, trouver chaussures à son pied Publié le 12 février 20192 Commentaires
Allergologue,insatiable curieuse et passionnée, j'écris sur l'allergie classique et insolite. J'aime livrer des infos accessibles pour tous et soulager le quotidien des allergiques. "1001 allergies et intolérances" éditions l'Opportun

Nous marchons, nous courons, nous dansons. Pour cela, nos pieds sont nos alliés. Il faut les chouchouter. Mais que se passe t-il, lorsque l’eczéma nous guette sur ces extrémités? Alors boutons, papules, pustules ou fissures s’invitent sur nos voutes plantaires. Il faut s’en inquiéter et agir sans attendre.

Sources : Revue française allergologie, GERDA, Ministère de la Santé, DGCCRF

Le diméthylfumarate, mis à pied

Il en a brulé des peaux, ce fichu diméthylfumarate (DMF). Souvenez vous… Il y a quelques années, de nombreuses personnes ont eu leurs pieds ensanglantés. Elles avaient fait le mauvais choix sans le savoir : celui d’acheter des chaussures en contenant. Il s’agit d’un antifongique et bactéricide bien antipathique. Cette substance est utilisée pour éviter l’apparition de moisissures sur les chaussures ou les tissus d’ameublement. Les lésions cutanées ont été tellement violentes que ce produit est désormais interdit en France depuis 2009.

Oh surprise, il a refait son apparition en 2017 dans le nord de l’hexagone. Cette malheureuse cliente a eut la surprise de sa vie. Elle n’a pas pu marcher très longtemps avec ses nouvelles bottes. La raison : la présence de cette substance interdite en France depuis des années.

Morale de cette histoire : il faut rester vigilant surtout si l’on achète des bottes provenant de Chine .

Être bien dans ses pompes

Lorsque l’on s’achète une paire de chaussures, on s’inquiète du prix, de la pointure, de la largeur du pied, de la qualité de la semelle, du confort à la marche. On fait confiance à l’étiquette qui nous indique la composition. Est ce suffisant? Ce n’est pas tout à fait ce qu’affirme la DGCCRF lors de son dernier rapport sur la qualité des produits chaussants. Il apparait que même si des progrès ont été observés depuis 2012, des efforts restent à faire. On peut en effet affirmer que toute la transparence sur la composition des produits n’est pas totale. Il semble que le cuir ne rentre que dans 40 % de la composition des bonnes chaussures.

Les modes de fabrication se sont modernisés au dépend de la qualité. La colle remplace plus souvent qu’on ne le croit le piquage à la main ou à la machine. Pour connaitre son histoire , quoi de mieux que de se rendre au musée de la chaussure à Romans

Soudain, c’est pas le pied

Allons bon … Depuis quelques jours vos pieds ne sont plus vos amis. Ils démangent. Que sont ces rougeurs qui apparaissent sur le dos des pieds. Vos voutes plantaires et les orteils sont aussi en ébullition mais c’est un peu moins flagrant. On dirait même parfois que ça dessine la forme de la chaussure sur la peau. Cela s’étend un peu vers les chevilles . Vous transpirez des pieds et c’est pire. Des pustules apparaissent. Alors, c’est la galère garantie. On se met à boiter. Pas question de marcher sur les mains. Le verdict du médecin est sans appel. C’est un eczéma des pieds. Ce motif réprésente entre 3 à 11 % des consultations de dermato allergologie.

Haro sur la godasse

Le tannage, cette opération consiste à rendre le cuir animal souple et inaltérable. Il est souvent réalisé avec des sels de chrome mais aussi parfois avec du formaldéhyde ou du chloracétamide. L’hypersudation et le frottement en accentuent le relarguage maléfique sur la peau. Sachez donc qu’une paire neuve est toujours moins agressive pour le pied qu’une vielle paire de pompes.

Parlons d’autres coupables. L’assemblage des éléments de la chaussure est réalisée désormais plutôt à base de colles comme le PTBP (résine butylphénolformaldéhyde paratertiaire) ou la colophane. Pour l’anecdote, certaines colles pour chaussures sont fabriquées à base de montures de lunettes recyclées. Celles ci contiennent un allergène le mono benzoate de résorcinol. Etonnant non …. Donc ce qui se trouvait posé sur votre nez, se retrouve sur vos pieds. Drôle de gymnastique!..

N’oublions pas l’éternel nickel. Il compose certaines parties des oeillets pour lacets, des boucles de sandales ou les renforts de chaussures de sécurité.

Mesdames, vous les adeptes des hauts talons, qui arrivez à marcher . Perchées que vous êtes sur vos 8 ou 10 centimètres (voire plus) avec ou sans semelles rouges…. Il vous faut parfois soulager vos arpions, utiliser ces petits coussinets de soulagement. Choisissez les bien pour éviter des désagréments bien autres que l’allergie.

Dansons sous la pluie

Pour les bottes et bottines en caoutchouc, ce sont plutôt les agents de vulcanisation comme les thiurams qui sont en cause. On peut aussi les retrouver dans les chaussures de sécurité ou dans les colles des semelles de baskets.

Tiens, tiens nous revoilà avec une autre connaissance un peu transformée : L’IPPD (N Isopropyl N Phényl paraphénylèdiamine). Elle squatte plutôt des bottes de couleurs noires. Souvenez vous, sa “cousine” la PPD est utilisée pour les teintures capillaires. Un petit nouveau fait récemment son apparition. Il s’agit du diméthyl-thiocarbamylbenzothiazole disulfure ( DMTBS) qui se formerait lors d’une étape de tranformation du caoutchouc.

Le chausson de la ballerine

Que ce soit en entrainement ou lors d’un spectacle, la danseuse classique est souvent chaussée de ses pointes ou demi pointes. Ses pieds sont souvent mis à rude et soumis à des contraintes mécaniques. Si l’on y ajoute des phénomènes d’allergies cutanées cela devient une vraie galère. La colophane (extrait de pin) est souvent utilisée en complément sur les pieds pour améliorer l’accroche sur le sol . Il faut se souvenir qu’il s’agit d’un allergène puissant à l’origine d’eczéma de contact. Des plaies et blessures sont le lot quotidien des danseuses. Il leur faut alors utiliser les pansements pour protéger la peau. N’oublions pas qu’eux aussi par le biais de leur adhésifs sont cause de d’allergies.

Quant à cette sacrée dishydrose, on la reconnait par ces démangeaisons aux pieds accompagnées de vésicules ou pustules qui pullulent sans nous demander notre avis. Souvent favorisée par la transpiration, l’origine allergique n’est pas totalement prouvée. La consultation chez le dermatologue est nécessaire

Chez l’allergologue, tu iras

Lorsque les pieds grattent, le premier réflexe est plutôt de penser à la MYCOSE. L’eczéma de contact est parfois mis au second plan alors qu’il n’est pas à négliger. Alors n’attendez pas et filez chez votre médecin. Il vous prescrira le traitement adéquat et vous adressera à l’allergologue. Surtout ne jetez pas la paire de chaussures coupable ! Elle sert au spécialiste pour réaliser ses tests. Il pourra décoller, découper, gratter la chaussure pour vous en appliquer un morceau dans le dos à laisser en place pendant 48 à 72 heures. En plus de cela, ce médecin vous appliquera ce que l’on appelle une batterie standard européenne sous forme de patch tests.

Selon les résultats il vous orientera vers un type de chaussures plus adapté sans chrome, sans cuir, sans caoutchouc…

Les chaussures réalisées à partir de cuir végétal peuvent être une excellente alternative pour les allergiques au chrome. Le tannage végétal, de ces nouvelles matières à base de fibres d’ananas, de coton, de chanvre bio, est sans métaux. On retrouve ces nombreuses solutions plutôt dans les gammes de chaussures écologiques et bio.

N’oubliez pas aussi pour la marche en randonnée de mettre de bonnes chaussettes dans vos rangers. Parfois deux paires permettent de faire écran avec le cuir de la chaussure.

Lorsque vous vous lavez les petons, n’omettez pas les espaces entre les doigts de pieds. ET SURTOUT séchez-les bien…. Cela vous évitera de cultiver des champignons entre vos orteils


Photographie : Freepik

Allergologue,insatiable curieuse et passionnée, j'écris sur l'allergie classique et insolite. J'aime livrer des infos accessibles pour tous et soulager le quotidien des allergiques. "1001 allergies et intolérances" éditions l'Opportun

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