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#CFA2022 : modifier l’allergène pour qu’il ressemble a un virus

Journaliste, j’ai un goût prononcé pour les domaines de l’alimentation et de la santé avec une spécialité dans les sciences du vivant. L'allergie est une longue histoire dans ma vie, une planète sur laquelle j'écris, sur laquelle je vis, depuis 17 ans maintenant.
#CFA2022 : modifier l’allergène pour qu’il ressemble a un virus Posted on 21 avril 2022Leave a comment
Journaliste, j’ai un goût prononcé pour les domaines de l’alimentation et de la santé avec une spécialité dans les sciences du vivant. L'allergie est une longue histoire dans ma vie, une planète sur laquelle j'écris, sur laquelle je vis, depuis 17 ans maintenant.

Nous avons rencontré Guy Tropper et Véronique Gomord de la société ANGANY. Tout deux travaillent depuis quelques années déjà à un nouveau paradigme dans le traitement de l’allergie. L’immunothérapie active (vaccination) plutôt que la désormais centenaire immunothérapie spécifique ou allergénique (désensibilisation). Il fallait un nouveau terme pour cette approche révolutionnaire. Une biotechnologie qui modifie un allergène pour qu’il ressemble à un virus afin d’obtenir une protection naturelle du corps. La vaccination allergénique.

La désensibilisation, une technique en bout de course ?


Apparemment, la différence entre désensibilisation et vaccination ne saute pas aux yeux. Une piqûre reste une piqûre. Les gouttes sous la langue sont venues donner un coup de jeune dans le mode d’administration de la désensibilisation mais c’était il y a 25 ans. Depuis dix ans, le comprimé de désensibilisation, qui existe pour soigner quelques allergies, semble avoir poussé à son terme les progrès attendus avec la désensibilisation.
Ce n’est pas ce que croient les laboratoires d’allergènes piliers du marché. Ils plaident pour une médecine personnalisée avec des traitements personnalisés de désensibilisation mais sur le terrain rien ne vient étayer ces prétentions pour l’instant.

Tolérance ou défense immunitaire féroce ?


ANGANY souhaite changer l’approche du traitement de l’allergie, en présentant l’allergène pour qu’il ressemble à un virus.
La désensibilisation induit dans notre organisme une réponse de tolérance en habituant peu à peu notre corps à des quantités de plus en plus importantes d’allergènes. Angany pense que la technique est arrivé au bout de ce qu’elle peut proposer et qu’il faut aujourd’hui changer de paradigme.
Il s’agit de donner des dizaines de milliers de fois plus de molécules allergisantes, sans déclencher d’allergie, pour assurer la fabrication non plus d’une tolérance, mais d’une défense immunitaire plus forte, plus féroce, à base d’anticorps de type G. Comme on le fait pour un vaccin !

L’immunothérapie allergénique face à la vaccination allergénique


Pour vacciner, il faut présenter de grandes quantités de protéines allergisantes au corps. Et c’est là où il y a problème : ces grandes quantités déclencheraient l’allergie. Angany a imaginé une bioparticule qui ressemble à celle d’un virus, sur laquelle il va fixer l’allergène en 3000 exemplaires à la surface du faux virus. Cette bioparticule qui mime le virus entraîne sa captation par les macrophages, sa digestion et sa présentation aux lymphocytes qui vont orienter la réponse. L’organisme entame alors sa fabrication d’anticorps contre ce petit caméléon.  » Il n’y a pas de réactions allergiques déclenchées lors de nos essais. Aucune chez la souris, pas plus chez le chien. Nous sommes en train de formaliser les essais sur l’humains » assure Véronique Gomord chercheur et directrice scientifique du projet.

Pourquoi se faire vacciner plutôt que désensibiliser ?


L’allergie est une progression vers le pire. Et là, Angany à une vision intelligente du problème. Il est possible d’enrayer cette marche fatale en bloquant l’initiateur de l’allergie. Quand vous devenez allergique au chat, votre première réaction se fait contre la molécule Fel d 1 la plupart du temps. Puis les autres allergènes du chat (Fel d2 Fel d4) viennent s’ajouter au fur et à mesure des crises. Puis d’autres allergies à d’autres molécules présentes dans l’environnement s’ajoutent. Faites confiance à votre système immunitaire : quand il commence à se tromper, il va au bout des choses; il est têtu.
Oui, mais il sait aussi s’arrêter, faire amende honorable et rétablir un état d’équilibre. Un vaccin sur la molécule initiatrice de l’allergie au chat va désamorcer, empêcher, l’aggravation inéluctable de celle ci.  » la vaccination allergénique va permettre de protéger le patient allergique au moins un an. Mais nous avons besoin de temps et de recul pour démontrer l’efficacité de notre principe sur de plus longue durée » souligne Guy Tropper co-fondateur de ANGANY et docteur allergologue au Canada.

Utilisation préventive du vaccin allergénique


Vacciner nos organismes contre les allergènes, dans les groupes à risque (famille atopique), ou précocément chez les allergiques diagnostiqués. C’est compléter la démarche scientifique avec une prévention active de l’allergie. Un membre de la fameuse équipe de l’étude LEAP (prévention de l’allergie alimentaire) fait partie des conseils d’Angany. La prévention active des allergies s’annonce bien. « C’est très motivant de s’intéresser a quelque chose de plus grand que nous » s’enthousiasme Guy Tropper.

Dr Philippe Auriol

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